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Legs de l’art égyptien à travers les siècles: Débat culturel avec Marlène Luce-Tremblay.

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Le mercredi 28 janvier 2009, le Centre Culturel Egyptien de Montréal a abrité une rencontre intitulée : «L’art égyptien et ses influences sur les artistes occidentaux contemporains», où a été mis en exergue, le travail de recherche de Marlène Luce-Tremblay, présidente de la Fondation Femmes du Monde.

Cet événement a été conçu et organisé par les doctoresses Nibal Al-Tanbouli, consule d’Égypte chargée de la culture de l’information et Amani Fouad, attachée culturelle.

Dans une subtile analyse, Marlene développe méthodiquement ses propres explications à propos de l’influence de l’art antique égyptien sur sa vision du monde, en qualité d’artiste photographe.

Elle affirme par ailleurs, que si la photographie a le privilège d’exprimer ce que l’on peut dire avec un millier de mots, elle a la force de véhiculer des messages, tout comme elle a cette faculté, de pervertir la réalité. Elle indiquera également que l’usage de l’image peut marquer toute une génération, quant à la manière de relater les événements de l’heure.

Pour mieux illustrer ses propos, elle postule l’exemple de SHIPARED FAIREY, un artiste de Los Angeles et dont une de ses créations a été mise à contribution durant toute la compagne électorale présidentielle. Cette oeuvre majeure suggère avec intensité le changement incarné par l’image du candidat BARAK OBAMA tout en succitant un grand espoir auprès des foules.

Elle confie à l’assistance que son concept aspire à mixer en symbiose un art antique, et ceci comme matériau exprimé par le contenu de la toile, les ruines pharaoniques qui ne sont en fait que le sujet du thème photographique avec un art moderne qu’est la photographie et représenté par une camera. Cette dernière constitue pour elle, un matériau palpable. Elle utilise un appareil photographique de dernière génération donc moderne pour saisir les images de temples et autres monuments égyptiens. Elle les imprime, par la suite et après traitement sur un support en toile qu’on utilise en général pour la peinture à l’huile.

Le rendu de ce mixage est harmonieux, mais aussi édifiant et unique en son genre, tant que l’idée exprimée, traduit la continuité de l’art, à travers les générations, en tout lieux et à travers les siècles. L’artiste argumente et avoue aux présents qu’elle a la ferme conviction que la création consiste à une perpétuelle coexistence entre le nouveau et l’ancien, en le réinterprétant à chaque fois avec une nouvelle vision. Acte qui pour elle, accomplira de plus en plus l’épanouissement de l’homme.

La plasticienne conclue en affirmant que la culture et l’art sont sans aucun doute, des armes par excellence, pour briser les murs de l’incompréhension entre les peuples, en les rapprochant, en transcendant et surtout en les élevant au rang qu’aspire l’humanité. Une humanité digne de ce nom.

Pour clore et en beauté, Nibal a rehaussé cette exceptionnelle rencontre avec de magnifiques pièces musicales de Sid Darouiche, assurées avec brio par les virtuoses, Raouf Askaros au violon et Nabil Khalil au luth. Afin d’immortaliser ces moments de pur bonheur où a été à l’honneur «le legs de l’art égyptien», Achref Kamel, le Premier cameraman de Sindbad, en a assuré la couverture vidéo.

Analyse des oeuvres

C’est dans un parti pris artistique en Noir et Blanc que Marlène photographie, technique où les jeux lumières et ombres font ressortir la troisième dimension en accentuant sa profondeur.

  • Premier Tableau

La toile exposée est dédiée aux temples égyptiens. Il est à relever l’éclairage dur de la composition de l’oeuvre. Dans la partie ombragée, on distingue une arcade noire par laquelle un faisceau lumineux jaillit de l’arrière plan ; ce qui donne une profondeur à l’image.

A  gauche du cadre, une lumière douce caresse subliment les colonnes monumentales. Avec ces choix, Marlène met en avant le génie de l’architecture égyptienne et exprime au spectateur avec émotion son immense talent conceptuel d’artiste plasticienne.

  • Second Tableau

Cette Toile est dédiée à Ramsès. Le sujet assis sur son trône royal est mis en relief avec un fond ombragé, visible sur le cadre gauche sur les deux tiers de la composition avec une lumière en dégradée de gauche vers la droite. Le portrait du roi lumineux occupe le second cadre sur un tiers de la composition et à droite de la toile. Les deux tiers de ce même portrait mais néanmoins ombragés sont dans le premier cadre.

La seconde partie de cette dernière image se voit alors superposée, en fondu enchaîné avec la première image. En fait,  Marlene utilise cette partie ombragée du portrait comme fond du premiercadre. Ce qui  engendre une ligne virtuelle dans le cadre de gauche. Il en résulte un éclairage en dégradé du bas vers le haut sur visage du portrait de Ramses. Quant au petit visage du roi assis, il devient alors lumineux à gauche du cadre et ombragé à sa droite.

La lecture de cette composition révèle les tensions de l’oeil entre les deux centres d’intérêts qu’engendre la composition du fait de la superposition des deux images à laquelle s’ajoute la monumentalité des colonnes en bas et à droite de la toile, au bonheur de l’observateur. L’artiste apporte avec ces lignes, un regard nouveau donc contemporain sur l’art ancien en usant intelligemment d’un langage moderne de composition évitant la symétrie.


Legs de l’art égyptien à travers les siècles: Débat culturel avec Marlène Luce-Tremblay. Par Ahlam Al-Astouni. Traduit de l'arabe par Mébarek Mouzaoui.

 

Coup de coeur

Voir le blog de la poètesse Renia Aouadene

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