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Mouloud Mammeri

Mouloud Mammeri : Vingt et un ans déjà : Itinéraire d’un enfant du Djurdjura

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Cela fera 21 ans, demain, que Mouloud Mammeri est parti. 21ans, déjà, que l’écrivain, anthropologue et linguiste a disparu mort le soir du 26 février 1989 des suites d'un accident de voiture, qui eut lieu près de Aïn-Defla à son retour d'un colloque à Oujda (Maroc) où il avait animé une conférence. Mais le legs (romans, essais et travaux de recherche) laissé par l’auteur de «L’opium et le bâton», évoqué à chaque fois que l’occasion ou la nécessité l’exigent, fait qu’il est toujours présent parmi nous tellement ses œuvres sont une référence pour nombre de spécialistes dans les différents domaines que Mammeri a traité.

Né le 28 décembre 1917 à Taourirt Mimoun, un petit village de la wilaya de Tizi Ouzou, dont son père était l’amin (maire), Mouloud Mammeri a grandi dans la compagnie des amousnaw (les sages au verbe poétique) dont il devint un admirateur fervent et nostalgique. Il fait ses études primaires dans son village natal.

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Souffles… Dernière rencontre de Mouloud Mammeri

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Nous sommes le 23 février 1989. Cela s’est passé à Oujda, ville frontalière marocaine, où j’ai été invité pour participer à un colloque universitaire. Je ne savais pas que Mouloud Mammeri était l’invité de marque de cette manifestation scientifique et culturelle. Le colloque organisé par l’université d’Oujda, faculté des lettres et sciences humaines, tournait autour de “la culture de l’oralité”. J’arrive à cette ville par route, à bord de mon véhicule personnel. Lui aussi préférait venir par route. Malgré son âge, il conduisait. C’était la première fois que je rencontre ce géant de la littérature algérienne. Un homme d’une soixantaine d’années, une silhouette en vent. Le visage aux traits calmes et vifs ne correspondait point à cette image-là, violente et agressive du romancier, longtemps cultivée par la presse algérienne de l’époque. Une chevelure blanche, stature d’un héros évasif ou angoissé, dans un film en noir et blanc. Le dos légèrement courbé, fatigué par le combat culturel amer et courageux. Regard angélique, timide ou sage, telle fut, à mes yeux, la personnalité de Mouloud Mammeri.

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