PostHeaderIcon LE MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS : Un site paradisiaque.

Artdz - Patrimoine

C’est le plus grand musée d’Algérie. Sa construction a duré 3 ans (1927-1930). Le Musée des Beaux-Arts fut inauguré durant la célébration du centenaire de la présence française en Algérie. C’est l’œuvre de l’architecte Paul Guion (1881-1972). «Réparti sur trois niveaux avec une surface totale de 4 200 mètres carrés, ce musée recèle près de 8 000 œuvres — collections de peintures, sculptures, estampes, gravures, céramiques », nous révèle M. Rachid Akkache, conservateur de ce musée.

«Quant à la bibliothèque, la plus importante d’Afrique, elle renferme près de 40 000 documents. Le premier conservateur, Jean Alazard, a œuvré jusqu’à l’indépendance à enrichir les collections ici présentes. Par la suite, d’importantes œuvres artistiques algériennes comme celles d'Issiakhem, Mesli, Mohamed Khadda... ont été acquises par le musée.»

Un site féerique

Calme et sérénité se dégagent de cet endroit paradisiaque. Il se dresse face au Jardin d’Essai. Une dominance de vert puis de bleu, la nappe turquoise de la mer. En restauration depuis 2002, le Musée national des Beaux-Arts constitue une magnifique balade : le hall avec ses verreries laissant filtrer le soleil et la lumière, les tableaux signés par des artistes algériens de renom : Mohamed Temmam, Ali Khodja Ali, Bachir Yellès, Samson Smaïl, Mohamed Racim, Mohamed Issiakhem, Mohamed Khadda, Baya Mahieddine, Aïcha Haddad... Certaines salles ont été baptisées de ces illustres noms.

Les pionniers de la peinture moderne algérienne

Limitée à une cinquantaine d’œuvres recensées en 1962, la collection de peinture algérienne compte près de 700 toiles (dont les pionniers de la peinture moderne algérienne tels Mohamed Ranem, Abdelhalim Hemche (1906-1978), Azouaou Mammeri (1890-1954), Mohamed Temmam (1915- 1988), l’un des précurseurs de la miniature aux côtés des frères Racim.

L’art dans toute sa splendeur

Poursuivons notre visite dans l’aile réservée aux orientalistes. Des tableaux beaux à couper le souffle ! Les palettes des pinceaux d’Eugène Fromentin, Théodore Chasseriau, Eugène Delacroix, Guillaumet Gustave, Alfred Dehodenq... sont en force. Le porteur d’eau, signé de la pointe du pinceau de Lazerges Hippolyte, est envoûtant ; et Le Jardin d’Essai, immortalisé par Auguste Renoir vous laissera sans voix. Un peu plus loin, découvrez un gigantesque tableau d’Issiakhem intitulé Les aveugles sur lequel vous pourrez lire cette transcription «... Nous qui vivons au passé. Nous la plus forte des multitudes, notre nombre s’accroît sans cesse. Et nous attendons du renfort...» A découvrir également la galerie des bronzes (dont les œuvres d’Auguste Rodin) ainsi que l’espace sculpture où les créations de Paul-Belmondo dominent.

Dans le charme de la pergola

La pergola avec ses deux bassins d’eau, son jardin verdoyant et ses tables en fer forgé tournées directement vers la Méditerranée, vous invite à marquer une petite pause réparatrice... Car, il faut reprendre des forces tant il y a encore de belles œuvres à admirer et à dévorer des yeux. La grande terrasse panoramique, actuellement en réfection, promet d’autres haltes oxygénantes aux futurs visiteurs.

Petit brin d’histoire

Lors de son inauguration en mai 1931, le musée abritait une collection restreinte. Celle-ci fut cependant vite enrichie grâce à la nouvelle politique d’acquisition de Jean Alazard (directeur du musée et doyen de la Faculté des lettres d’Alger). Les premières collections renfermaient 6 siècles d’histoire de l’art dont les primitifs des écoles suisse, italienne, hollandaise et flamande ainsi que l’école de Barbizon et les impressionnistes (Monet, Gauguin, Sisley, Matisse...). On retrouvait aussi les œuvres des orientalistes à l’exemple d’Auguste Renoir qui a séjourné en Algérie aux printemps 1881 et 1882, créant deux magnifiques tableaux à admirer au Musée des Beaux-Arts : Le jardin d’Essai et Le Ravin de la femme sauvage. Durant la Seconde Guerre mondiale, le musée a subi les assauts des militaires. Une partie des réserves se transforme en quartier général des forces britanniques. Dès 1956 (en pleine guerre de libération nationale), des centaines d’œuvres sont évacuées en France. Elles furent «rapatriées » en décembre 1969 pour la plupart selon les accords franco- algériens de juillet 1968 (les autres sont toujours en dépôt au musée du Louvre à Paris). En 1965, le Musée national des Beaux-Arts rouvrait officiellement ses portes.

Le musée aujourd’hui

Le Musée national des Beaux-Arts n’est pas seulement une structure de conservation. Selon M. Rachid Akkache, «la conservation est importante pour préserver le plus longtemps possible la vie de ces œuvres mais un musée n’est pas exclusivement une aire de stockage. C’est un pôle de rayonnement à même d’abriter des manifestations culturelles tous azimuts. A ce titre, nos portes sont ouvertes aux expositions, conférences et ateliers de musique, de peinture et de théâtre pour enfants. Avis aux amateurs !»


Musée national des Beaux-Arts (en face du Jardin d’Essai) ouvert de 9h à 17h, du samedi au jeudi.

LE MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS : Un site paradisiaque.
Par Sabrinal. Le Soir d’Algérie. Edition du 27 avril 2009