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Amazigh Kateb: Kateb Yacine, ce n'est pas moi. C'est un personnage public...

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Alger s'anime! Et devient pour cette fin d'année, la dernière   escale pour l'étoile Kateb Yacine. Après Annaba, Sétif, Constantine et Souk Ahras, l'espace Cosmos - Oref a accueilli à bras ouverts l'auteur de Nedjma, l'œuvre maîtresse du génie littéraire algérien. Une très belle perspective en ciné- romance, en théâtre et en musique initiée par Neef prod, en collaboration avec l'Agence algérienne du rayonnement culturel. Ce jeudi, tant de mots et de rythmes, des mots en rythmes ont célébré Yacine. D'abords son fils: Amazigh. Et c'est une folle poésie d'amour et de reconnaissance qui en a jailli ! La verve inspirée par Yacine s'est exprimée par la voix de son fils Amazigh, seul sur la scène. Moments d'intimité partagée avec le public. Moments rares ! Les Kateb étaient ce soir-là réunis par l'amour d'un peuple et sa liberté de vivre ! En coulisses, Amazigh, personnage atypique, a bien voulu nous livrer ses sentiments sur ces événements qui fleurissent inopinément autour de l'œuvre et la vie de Kateb Yacine: son père !

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Leïla Marouane, La jeune fille et la mère, Seuil, 2005: Un roman qui va au-delà d’une œuvre de combat.

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Faut-il voir  sous le titre la réminiscence, ironique,  du quatuor célèbre  «  La jeune fille et la mort » où Schubert médite sur sa propre mort, jeune? N’était le retournement final du roman, c’est bien finalement à la mort sexuelle et spirituelle, sans-doute physique,  qu’était destinée l’héroïne. C’est bien devant sa propre mort morale et psychique que la narratrice, fillette alors à peine nubile, a été placée.

L’auteure l’a fait naître dans une famille incroyante de fait, post-indépendance, sous un régime soviéto-socialiste, dans une oasis du sud saharien qui a gardé les Traditions. Sa mère a été une héroïque combattante de la guerre d’indépendance, pour être ensuite promptement remise à sa place de pondeuse d'enfants en série, mais elle en a gardé au fond du cœur le rêve d’émancipation de la femme.

La trame du roman projette dans l'existence d'une fillette d'une famille de condition moyenne mais plutôt pauvre, la logique de sacralisation par l'ordre patriarcal d'une partie infime, voire dérisoire, le fameux « hymen », de l'appareil sexuel féminin. Il s'agit très souvent de son appropriation par la tribu des pères pour transformer la sexualité féminine  en affaire  « bouchère *, sous couleur d'honneur virile et  de pureté et par la même occasion réduire la femme à la fonction de domestique du foyer et de pondeuse d'enfants.

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Des épidermes de censeur sérieusement échauffés: Kamel Daoud, Le Minotaure 504, nouvelles, Sabine Wespieser Editeur, 2011

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Quatre nouvelles époustouflantes. Ecrites d’une plume parfois trempée dans la bile la plus noire, parfois portée par le lyrisme, d’autres fois réjouissante d’ironie pleine de santé et mordante. Des nouvelles ou plutôt des récits en forme d’allégorie ou de mythe où la satire politique est transparente. Il y aura des épidermes de censeur sérieusement échauffés, si tant est que la censure existe, comme chacun sait.

Quatre figures semblent inspirer particulièrement Kamel Daoud : celle de l’oppression machiste, patriarcale par l’homme de pouvoir et celle de la libération, par l’effort, dans l’aventure et le rêve. Elles s’opposent deux à deux, l’une entravant ou détruisant l’autre, alternativement. La déraison les habite parfois l’une et l’autre, ne laissant guère de place à une voie moyenne, comme si la démesure était le lot de ces héros, l’ambition et l’élan dopés et démultipliés par un interdit secret ou provocateur, une censure cachée ou à la domination insolente.

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Hommage au dramaturge Azzeddine Medjoubi : La famille artistique se souvient.

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Comédiens, artistes, écrivains, metteurs en scène et journalistes sont venus nombreux, hier, pour rendre hommage à ce géant du théâtre algérien.

Assassiné il y a quinze ans, ce dramaturge au talent hors du commun, reste vivant dans les mémoires des gens qui l’ont connu. Pour honorer sa mémoire, la veuve de l’artiste, Amina Medjoubi a organisé, hier, un hommage auquel de nombreux intellectuels ont pris part. «Cette rencontre, j’ai tenu à l’organiser pour qu’on n’oublie jamais cet homme. Celui qui disait tout haut, ce que le peuple pensait tout bas. C’est un devoir de mémoire de célébrer la mémoire de l’homme de théâtre qu’il fut. C’est une grosse perte pour l’Algérie. On aurait aimé organiser cet événement sur les planches du TNA sur lesquelles il a joué des années durant», nous dira-t-elle, les larmes au yeux.

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L'énigme du désert sous la mer: Malika Mokeddem, La désirante, Grasset, 2011

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De tradition le Languedoc a vécu le dos tourné vers la mer, entre ses coteaux à vignobles ou dans sa grande plaine, abrité derrière sa flèche de sables venus du Rhône, laissant à la Provence ou à la Catalogne la blessure des ports par où entrent les grands fléaux de la peste ou le tourment déraisonnable de l’ailleurs, celui qui emporte Marius loin de Fanny. Avec Malika Mokeddem, la fille du Sahara, le Languedoc où elle est fixée, s’ouvre à la Méditerranée, à l’autre rive inquiétante, celle des sarrazins d’hier ou des immigrés d’aujourd’hui.

Avec La désirante, l’écrivaine nous offre un roman qui débute dans le drame avant que le sourire n’apparaisse à travers les larmes. Venue du Sahara, tombée amoureuse d’un navigateur comme il en a fleuri en France depuis l’essor des voiliers de plaisance ou d’errance sur les mers, solitaires ou à deux, sa petite orpheline immigrée vit le drame, devenu banal, d’une disparition en mer .

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Voir le blog de la poètesse Renia Aouadene

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