Faut-il voir sous le titre la réminiscence, ironique, du quatuor célèbre « La jeune fille et la mort » où Schubert médite sur sa propre mort, jeune? N’était le retournement final du roman, c’est bien finalement à la mort sexuelle et spirituelle, sans-doute physique, qu’était destinée l’héroïne. C’est bien devant sa propre mort morale et psychique que la narratrice, fillette alors à peine nubile, a été placée.
L’auteure l’a fait naître dans une famille incroyante de fait, post-indépendance, sous un régime soviéto-socialiste, dans une oasis du sud saharien qui a gardé les Traditions. Sa mère a été une héroïque combattante de la guerre d’indépendance, pour être ensuite promptement remise à sa place de pondeuse d'enfants en série, mais elle en a gardé au fond du cœur le rêve d’émancipation de la femme.
La trame du roman projette dans l'existence d'une fillette d'une famille de condition moyenne mais plutôt pauvre, la logique de sacralisation par l'ordre patriarcal d'une partie infime, voire dérisoire, le fameux « hymen », de l'appareil sexuel féminin. Il s'agit très souvent de son appropriation par la tribu des pères pour transformer la sexualité féminine en affaire « bouchère *, sous couleur d'honneur virile et de pureté et par la même occasion réduire la femme à la fonction de domestique du foyer et de pondeuse d'enfants.
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Quatre nouvelles époustouflantes. Ecrites d’une plume parfois trempée dans la bile la plus noire, parfois portée par le lyrisme, d’autres fois réjouissante d’ironie pleine de santé et mordante. Des nouvelles ou plutôt des récits en forme d’allégorie ou de mythe où la satire politique est transparente. Il y aura des épidermes de censeur sérieusement échauffés, si tant est que la censure existe, comme chacun sait.
Quatre figures semblent inspirer particulièrement Kamel Daoud : celle de l’oppression machiste, patriarcale par l’homme de pouvoir et celle de la libération, par l’effort, dans l’aventure et le rêve. Elles s’opposent deux à deux, l’une entravant ou détruisant l’autre, alternativement. La déraison les habite parfois l’une et l’autre, ne laissant guère de place à une voie moyenne, comme si la démesure était le lot de ces héros, l’ambition et l’élan dopés et démultipliés par un interdit secret ou provocateur, une censure cachée ou à la domination insolente.
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Comédiens, artistes, écrivains, metteurs en scène et journalistes sont venus nombreux, hier, pour rendre hommage à ce géant du théâtre algérien.
Assassiné il y a quinze ans, ce dramaturge au talent hors du commun, reste vivant dans les mémoires des gens qui l’ont connu. Pour honorer sa mémoire, la veuve de l’artiste, Amina Medjoubi a organisé, hier, un hommage auquel de nombreux intellectuels ont pris part. «Cette rencontre, j’ai tenu à l’organiser pour qu’on n’oublie jamais cet homme. Celui qui disait tout haut, ce que le peuple pensait tout bas. C’est un devoir de mémoire de célébrer la mémoire de l’homme de théâtre qu’il fut. C’est une grosse perte pour l’Algérie. On aurait aimé organiser cet événement sur les planches du TNA sur lesquelles il a joué des années durant», nous dira-t-elle, les larmes au yeux.
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De tradition le Languedoc a vécu le dos tourné vers la mer, entre ses coteaux à vignobles ou dans sa grande plaine, abrité derrière sa flèche de sables venus du Rhône, laissant à la Provence ou à la Catalogne la blessure des ports par où entrent les grands fléaux de la peste ou le tourment déraisonnable de l’ailleurs, celui qui emporte Marius loin de Fanny. Avec Malika Mokeddem, la fille du Sahara, le Languedoc où elle est fixée, s’ouvre à la Méditerranée, à l’autre rive inquiétante, celle des sarrazins d’hier ou des immigrés d’aujourd’hui.
Avec La désirante, l’écrivaine nous offre un roman qui débute dans le drame avant que le sourire n’apparaisse à travers les larmes. Venue du Sahara, tombée amoureuse d’un navigateur comme il en a fleuri en France depuis l’essor des voiliers de plaisance ou d’errance sur les mers, solitaires ou à deux, sa petite orpheline immigrée vit le drame, devenu banal, d’une disparition en mer .
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