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Patrimoine,
merveille du Palais du Bey à Constantine, remis en état sous la direction d'un
architecte admirable de science et de goût. Il construit l'avenir.
Patrimoine,
admirable site de Timgad dominé par son acropole aux colonnes
altières qui ont défié le temps et l'outrage des hommes, avec ces étudiantes
qui nous entourent, comme une volée de moineaux, pour être prises en
photo avec nous et chanter la beauté des lieux. Elles construisent l'avenir.
Patrimoine,
Djemila, sous le soleil brûlant au coeur de ses montagnes encore vertes dans
l'attente d'être calcinées par l'été approchant, avec ses pierres dorées,
véritables éclats de soleil patiné par le temps, avec sa fontaine qui attend
d'un instant à l'autre le jet bienfaisant et réparateur, avec son guide à
moitié paysan plein de savoir et d'affection pour ses pierres, avec sa tête
immense, énigmatique, de Jupiter, ses admirables mosaïques infestées de bêtes
sauvages. Notre présence annonce peut-être le retour de l'avenir que ces
gardiens portent toujours dans leur coeur.
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Patrimoine,
un orchestre de musique malouf constantinois dans un nouvel espace aménagé avec
amour par un dévôt entouré de ses fidèles des rythmes savants venus de Grenade
et de Cordoue, de Babylone et de Ninive, et peut-être d' l'Inde. Ils chantent
la poésie arabe et mêlent des mélodies d'Occident et d'Orient avec science et
délice. En eux le passé renaît, vivifié, pour porter de nouveaux fruits à
venir.
Patrimoine,
cette poète qui mêle Baudelaire, Mohamed Dib, Lautréamont et Amin Zaoui,
qu'elle accompagne d'illustrations superbes où la tradition se fond dans la
modernité. Elle pleure le malheur du présent en des accents poignants qui
montent des profondeurs du passé.
Patrimoine,
ce poète constantinois inconnu de beaucoup qui compose tour à tour en arabe et
français des poèmes mélancoliques ou vifs et pleins d'esprit.
Patrimoine,
ces dinandiers sur les bords du Rhumel qui martèlent, à longueur de temps, le
cuivre avec vigueur et précision, avec délicatesse et résolution, comme de
vrais héritiers de Vulcain.
Patrimoine,
ce passionné d'histoire qui évoque la prise de Constantine, les obusiers de
Lamoricière qui ouvrirent la fatale brèche, mais aussi, dans une accolade
généreuse où frémit l'avenir, le trajet d'un jeune curé au petit matin,
le dimanche, venu dire la messe à ses paroissiens exilés par les tragédies des
hommes. Non loin de ce qui est le berceau des siens, d'où partit, un matin lui
aussi, un frère bien-aimé pour disparaître héroïquement à jamais dans la folie
cruelle de la guerre.
Patrimoine…
Oublié le patrimoine?
Partout
surgissent des femmes et des hommes pour qui le patrimoine est source de vie et
affaire d'avenir, de chant d'allégresse et d'espoir, comme de deuil.
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