La littérature est l’essentiel, ou n’est rien. Le Mal – une forme aiguë du Mal—dont elle est l’expression, a pour nous, je le crois, la valeur souveraine. /La littérature et le mal/, de George Bataille, p.9
Le nouveau héros de Amin Zaoui dit avoir lu Bataille. On s’en serait douté. L’éditeur présente /Festin de mensonges/ comme « un récit d’apprentissage d’un genre nouveau, trouble… ». Le jeune héros naît dans une famille où s’affrontent en champ clos, de génération en génération, l’abus de pouvoir et les turpitudes les plus sordides, faisandées par la tromperie et la trahison, celle du père par sa femme puis par son frère et par son fils, de la femme aimée par sa mère et par sa sœur. La grand-mère est une patronne de bordel: le grand-père y est allé chercher sa femme avant de trahir la juive berbère qu’il aimait. Ce tableau qui pourrait bouleverser l’estomac le mieux accroché, est évoqué depuis les refonds d’un esprit, celui du narrateur enfant, qui entremêle propos religieux, pieux, voire même bigot et délire obscène, sans gêne ni embarras.




Un roman installé au cœur de la repoussante Folie. Mais la folie n’est-elle pas la vérité rationnelle des humains ? Il raconte l’histoire d’un fils, un adolescent, enlevé par les islamiste alors qu’il était parti pour une course banale, acheter pour sa mère un pain de sucre chez l’épicier du coin. Enlevé, ou parti de son plein gré, on n’est pas sûr. A moins que ce soit en rêve. Treize ans dans un camp chez les barbus ou 10 minutes. De quoi perdre l’esprit. Mais le délire ne rend-il pas, parfois, l’esprit à lui-même ? Ne dévoile-t-il pas le réel ? Parfois, mais à quel prix ?







