Une œuvre singulière et belle. Un document de vie. Sans doute aussi comme une fiction, en tout cas une plongée dans l’intimité frémissante d’une vie de femme et fuite ou distance dans l'imaginaire et dans la beauté de la forme et du style. Prise dans le choc du détournement de l’avion d’Air France le 24 décembre 1994, l’auteure dénoue un à un les fils qui constituent le nœud, confus, serré, qui étrangle son existence, la sienne et celle de son pays, à cet instant tragique. Elle évoque la scène d’angoisse, d’abord à Alger, avec les terroristes, les trois victimes abattues et jetées sur le tarmac. Elle revit son propre saisissement dans le surgissement de l’impensable. Elle repasse le film de l'événement, l’attitude des passagers qui essaient de n’en rien savoir pour ne pas voir l’horreur qui les attend ou celle des islamistes étrangement enfermés, inaccessibles et proches, dans leur bulle de rêve inhumain, et l’irruption brutale des gendarmes français, ironiquement devenus sauveurs, à Marseille.












